Erethil II

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 [Journal] Journal de bord d'un poisson hors de l'eau Ou les déboires d'un étrange individu en Erethil

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Cape Noire
Larbin des enfers
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MessageSujet: [Journal] Journal de bord d'un poisson hors de l'eau Ou les déboires d'un étrange individu en Erethil   Mar 1 Déc - 13:03

*Carnet privé, non accessible*

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L'histoire fut couchée sur un ouvrage en peau de nymphe marine, indéniable cadeau de passage à l'âge adulte et seule possession du jeune homme. L'ouvrage était d'exquise facture et le vélin fin lui donnait un air trompeur de luxe et d'éducation. Pourtant un observateur attentif verrait que l'écriture, ampoulée, soignée et quelque peu tremblante, ne pouvait venir que d'un scribe plus proche de sa mise en terre et du gâtisme que de sa fringante jeunesse. Visiblement, Thaedys n'avait pas pu relire le prologue, car une chose était certaine, les libertés du scribe l'auraient probablement poussé au meurtre. En fait, il ne se rachetait que par les quelques illustrations que lui arrachèrent le récit de Thaedys :



Je vois cette nouvelle vie en Erethil dans la sublime Erethil, joyau des îles d'Azur et véritable plaque tournante entre les continents et le nouveau monde¹ comme une occasion de tout recommencer, et de tenir mon journal de bord. Bien évidemment, je suis totalement analphabètemes talents d'écriture et de lecture sont quasiment nuls, aussi ai-je demandé à l'un des scribes  à ce généreux scribe à ce magnanime scribe qui a gracieusement daigné m'aider et sans lequel je me serais vu fort dépourvu². Mais il est primordial de savoir d'où on vient et vers où on va. Pour le moment, je ne dois décider de mon chemin à suivre, alors vais-je me concentrer sur mon passé, afin de le consigner ici.³

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Je n'ai pas tellement l'habitude des écrits, car à bord du Trident, les seules traces écrites intéressantes étaient les cartes, aussi ai-je davantage une tradition orale qu'écrite. Enfin bref... il faut bien commencer quelque part, n'est-ce pas ?

Je suis né il y a plus d'une vingtaine de cycles, vingt-six pour être précis... (à moins que ce ne soit vingt-sept ?) , à bord du bateau de ma mère, le Trident de Valkur, tandis qu'il sillonnait la mer des étoiles déchues⁵, qui fut par la suite renommé en Trident d'Umberlie lorsque la mutinerie du sinistre Dashen Filedague laissa ma mère pour morte et me mit aux fers. Normalement, en cas de mutinerie, les proches de l'ancien capitaine sont généralement passés à la planche voire tués, mais ce ne fut pas mon cas. Encore aujourd'hui, je n'explique pas cet acte, car le plus logique aurait été de me tuer manu militari. Mais j'imagine qu'il n'y a pas lieu de me plaindre, étant donné que je suis en vie, c'est l'essentiel. Certes, je garde encore les marques des fers, mais au moins, je n'ai pas fini au cœur des abysses.

Dashen avait été grassement payé par des hauts fonctionnaires de Port-Ponant, qui voyaient d'un très mauvais œil que Sianna Istal décide de débarrasser les mers de la myriade de pirates qui les écumaient. En général, le choix le plus facile, là-bas, est de devenir pirate, alors les corsaires auto-proclamés sont très peu nombreux. Je n'irais pas jusqu'à dire que le cas de ma mère était unique, mais il s'en rapprochait.

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La vie d'un esclave n'a rien de palpitant et bien que j'aie vu une myriade de splendeurs durant ces deux étapes de ma vie, je ne m'y attarderai pas. La seule chose que je puis dire fut que brumes, orages et mauvais temps furent notre lot quotidien pendant des années, jusqu'à ce qu'une tempête conduise le Trident à s'échouer sur l'île d'Azur, au Roc pour être précis. Etant dans la cale à souquer sec lorsque cela arriva, je dois malheureusement avouer n'avoir rien vu de l'incident, mais je puis affirmer m'être réveillé parmi les cadavres et l'épave du bateau, entouré de la garde locale et toujours bardé de fers. Le capitaine de ce détachement, une femme dont j'ai oublié le nom, a vu ce miracle avec suspicion et m'a réservé une cellule confortable afin de m'interroger.

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Après deux lunes d'interrogatoires acharnés, elle a dû s'apercevoir de ma bonne foi, car elle me laissa partir après m'avoir remis un livre, en me conseillant de l'apprendre par cœur.⁶ Elle ajouta que la méconnaissance des lois ne constituait en aucun cas une excuse et je dus battre en retraite, terrassé par le flot de nouvelles restrictions qu'elle m'assénait. Je n'en ai d'ailleurs pas compris la moitié...

Une fois libre de visiter Erethil en elle-même, je me dirigeai vers la place de la fontaine, qui semble le lieu le plus animé en tous temps de la cité. J'ai commencé par observer les gens, mais ils sont assez rapidement venus à moi. La première à venir me voir fut Maggy Delving, maître magicienne de la Luiren. Alors que je commençai à penser qu'Erethil était une cité idyllique, elle me parla des soucis concernant les tieffelins, les aasimars, les drows et les ogres. Finalement, peu de choses étaient aussi simples que sur mes mers natales. Nulle race n'y était méprisée, même si la confiance la plus totale n'existait pas en ces lieux. La trahison de notre second en était la preuve flagrante.

Tant de nouvelles têtes, qui doivent encore me jauger alors que je ne sais même pas ce que je vais faire pour le moment. Qu'elles se nomment Laureline ou Emilya, qu'elles se saluent par le biais d'onomatopées de gallinacées ou d'autres volatiles, qu'elles ressemblent plus à des courtisanes en courte robe orangée ou à des nobles nées en longue robe verte qui leur donne un air altier et ce je-ne-sais-quoi de puissance sereine.

Oui, les habitants de la cité me plaisent assez, bien que je n'aie pu retenir tous les noms ni n'ai encore pu vivre d'aventures à leurs côtés. Tous ont l'impression que je ne serai que de passage en ces lieux, et s'ils avaient tort ? L'ennui, c'est que je ne sais pas quoi faire. Je ne reprendrai pas la mer de sitôt, et pour ce que j'en ai vu, je pourrais aisément me sentir chez moi ici, et la sagesse de ce vénérable scribe a très certainement contribué à l'opinion positive que j'ai pu dresser de cette magnifique cité. Cette histoire de choix devient une obsession chez moi, il me faudra rapidement les dénombrer et me décider.

Pour l'heure, vu que les pièces d'or que j'ai retrouvées sur mes anciens camarades n'ont pas cours ici, il va me falloir gagner de quoi me payer l'auberge en attendant... Il paraît que la patronne du Sanglier Rieur a des soucis avec les rats.

Spoiler:
 

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Prologue du journal de bord de Thaedys Istal, rédigé par le flamboyant Alansius aux mains d'argent, détenteur du titre convoité, jalousé et envié de "Scribe de l'année" depuis six décennies. D'accord, le fait que tous mes concurrents gênants soient morts de vieillesse ou dans des circonstances troubles m'a largement favorisé mais quand même... je suis talentueux, que voulez-vous ?



Note de Scribe¹ : et elle le vaut bien ! Tous doivent apprendre à quel point la resplendissante Erethil comptera à l'avenir ! Je suis persuadé qu'à l'avenir, tous les regards se porteront vers elle !

NdS² : Car oui, mon temps est précieux, ai-je mentionné que je devais confectionner cent exemplaires du livre intitulé "10 000 recettes halfelines et leurs déclinaisons" pour le mois prochain ? Vraiment, je croule sous le travail et j'arrive quand même à aider un être presque illettré, je m'épate moi-même, et je ne suis même pas payé pour cela. Note pour moi-même : demander une augmentation à la maison des merveilles !)

NdS³ : Peut-être cet individu deviendra-t-il célèbre et par ce biais-là, se souviendra-t-on qu'il devra tout à Alansius le scribe véloce, capable de recopier trente-mille caractères en un temps record !

NdS⁴ : Ignare, barbare, PHILLISTIN ! Comment peut-on comparer de vulgaires cartes au nectar du nectar ? Ce type n'a visiblement pas lu ces chef-d'œuvres que constituent les Guides de Volo ou les écrits d'Elminster ! De mon temps, l'ineptie était punie par un immense bûcher bien placé !

NdS⁵ : La mer des Étoiles déchues est reliée à l'ouest au lac des Dragons, au nord à la mer de Lune, à l'est à la mer d'Alambre et au sud du bief de Vilhon. Les régions aux alentours de la mer des Étoiles déchues incluent le Cormyr, les Vaux, le Vaste, l'Aglarond, Thay, le Chondath, le Turmish ou encore la Côte des dragons.

NdS⁶ Lex Erethilia, en plus un ouvrage calligraphié par MES soins. Bien entendu, l'individu m'a demandé de lui lire. Il y a encore beaucoup de travail à faire car il ne comprend pas certains concepts pourtant simples !
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Cape Noire
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MessageSujet: Re: [Journal] Journal de bord d'un poisson hors de l'eau Ou les déboires d'un étrange individu en Erethil   Mer 2 Déc - 12:16

De toutes les merveilles peuplant les îles pirates, de tous les conflits, qu'ils soient moraux ou physiques, de tous les dangers, l'histoire de l'île de Khelthann saurait le mieux retranscrire le dilemme intérieur qui m'habite et m'habitera toujours. Je crois que le souvenir de cette île, où je suis plusieurs fois revenu en des années de navigation, me frappa dès mon plus jeune âge.

Moins dangereuse que la plupart des autres îles pirates, elle se démarque par ses tribus indigènes, les Kelthannis, qui vénèrent Grumbar aussi sûrement que je vénère Istishia. D'après leurs croyances, les îles, et particulièrement Kelthann, sont un don de Grumbar. Ces mêmes îles sont perçues par Umberlie comme un affront, et elle cherche sans cesse à les détruire, tissant la toile d'un climat de méfiance et de conflits séculaires qui ne cesseront qu'à la complète destruction de l'une ou l'autre des parties en présence. Chaque hiver, Umberlie envoie des tempêtes, et parfois même des prêtres, servir ses desseins en Kelthann, dans l'espoir de la voir sombrer. Les prêtres d'Umberlie peuvent parfois faire preuve d'une impressionnante subtilité dans une tâche que je juge improbable à réaliser.

Cette dissension se traduit jusqu'à la manière de disposer des morts : les Kelthannis vont jusqu'à s'occuper eux-mêmes des enterrements d'aventuriers de passage et ce, avec une bonne grâce relative pour une tribu méfiante et suspicieuse envers tous et toutes. Les Kelthannis ont peur que chaque cadavre jeté à la mer, que ce soit à la manière des gens du nord ou des pirates ne fait que renforcer Umberlie, qui disposera alors d'une véritable armée si elle le souhaite. On dit souvent que Féérune est née de l'harmonie entre les quatre seigneurs élémentaires, mais la réalité est bien plus complexe que cela. Alliances et trahisons vont et viennent en ces contrées si chaotiques.

J'entrevois tant de chemins possibles, tant de voies que c'en est assourdissant. Je regrette énormément le moment où mère s'occupait de moi, mais c'est un regret quelque peu égoïste. Durant ma jeunesse insouciante, je ne comprenais pas bien ces luttes de pouvoir ou de survie, et je me demandais pourquoi l'harmonie n'était pas possible. Et puis à cet âge-là, je n'étais pas opprimé par les choix possibles.

L'inaction, le refus de m'affilier est également un choix. Un choix certes facile qui ne pourra pas perdurer, mais je crois que ces années d'esclavage m'ont volé ce moment où j'aurais dû décider de moi-même de la marche à suivre. Tout cela me rattrape à présent que j'ai atterri sur une île aussi merveilleuse que tourmentée.

A l'époque, je me sentais bien plus proche des Kelthannis, et ce, avec raison. Je prônais un équilibre en tout, car je ne voyais pas Féérune sous les flots. Avec le recul, cette sympathie pour Grumbar n'aurait-elle pas été trahir le Seigneur des eaux en personne ? Ou est-ce que la tempérance ne soit pas au contraire recommandée en toute chose ?

Désormais, il m'arrive de songer que nous ne sommes au final que les pions d'un jeu qui nous dépasse. Pour tout fanatique d'Umberlie, il y aura son pendant. Pourquoi ne pas embrasser cette voie, succomber à ce désir issu du devoir ? Sur un bateau, toutes les pièces, tous les membres, ont une fonction. Pourquoi ne pas faire ce qu'on est destinés à faire plutôt que ce que l'on a envie de faire ?

Je perçois cette voie, je ne la perçois que trop bien... Craint, détesté même pour avoir endossé un manteau indispensable au bon fonctionnement d'une harmonie. Arborer le "mauvais" rôle n'est jamais plaisant. Mais il est illusoire de penser que cela ne doit pas être fait... il s'agit d'un sacrifice nécessaire. Mais serait-ce à moi de le faire, et si oui, pour quelles raisons ? J'ai vu tant d'homme faire de mauvais choix pour de bonnes raisons, et tant de personnes faire de bons choix pour de mauvaises raisons...

Mon libre arbitre s'affole à l'idée de devenir un pion. Je le sais, à présent. J'ai vu tant d'hommes bien intentionnés se fourvoyer et devenir leurs némésis, mais aussi tant d'hommes céder à la corruption. La bonté seule ne résout rien, sinon ma mère serait encore en vie... la fermeté est-elle la seule solution dans ce cas de figure ?

Je ne suis pas seulement perdu en terre inconnue sur le plan physique, mais également sur le plan émotionnel. Me lier à nouveau serait tentant, mais seulement lorsque je me serai retrouvé. J'ai sans doute la même impression que tout homme ayant vécu des années dans une léthargie semi-consciente, puis se réveillant en devant reprendre le contrôle de sa vie. L'enfant en moi, qui n'est pas tout à fait mort, pleure pour retourner dans une zone de confort, pour reprendre mes repères. L'adulte en moi souhaite simplement reprendre sa vie en main, ne plus vivre en victime quitte à me geler, à me figer et commettre l'irréparable.

J'ai cette étrange impression de me retrouver, par une matinée brumeuse, près d'un précipice, sans pouvoir voir où les chemins me mèneront. Sans pouvoir dire avec certitude qui me tendra la main si le sol se dérobe sous mes pieds. En jouant sans connaître toutes les cartes qui me sont attribuées, ni les tenants, ni les aboutissants. En ceci, ma nouvelle vie n'est pas si différente de l'ancienne... si ce n'est que je ne dirigeai pas le bateau. A présent, je suis le seul maître de ma propre barque.

Comme beaucoup de monde, je caresse l'espoir de devenir quelqu'un que je pourrai regarder en face avec fierté, mais comme beaucoup, je dois panser mes plaies tel un animal blessé. Aurai-je un jour la force de faire confiance ? De m'abandonner à ce sentiment si fou que toute logique le condamne ? Hier, j'ai failli en parler à quelqu'un, mais le moment n'était pas venu... Demain, peut-être, pourrai-je m'alléger de ce fardeau qui me pèse. Hier le temps était aux réjouissances, pas aux profondes discussions. Hier, je me suis senti un peu désuet, un peu seul parfois, et quand j'ai eu l'occasion de réellement me lier, j'ai eu peur d'être brûlé de manière irréversible...

Harmonie ou acceptation ? Un être en pleine recherche de sa vraie nature.

tirée des pensées de Thaedys Istal retranscrites par la scribe Alambra Nylareth.

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